Des bouts de dentelles et du cuir martelé, une veste en lapin rose tendre et un grand panier rebrodé de sequins, des broderies qui brillent et du fushia qui claque… Le style Manoush joue sans complexe le charme de la bohème et le mélange des genres. Manoush est vraiment ” un truc de filles “.

D’ailleurs, le trait de caractère majeur de la mode Manoush c’est l’envie de s’amuser. on mixe, on se fait plaisir, on flirte avec le kitsch et le clinquant… c’est comme cela que l’on plait aux autres. Le chic parfait est décidément trop ennuyeux. La fille Manoush a gardé la curiosité des petites filles qui vont fouiller dans le vestiaire des grandes. Fragile et drôle, enfantine et fantasque, elle a un charme fou. Ses modèles oscillent entre l’éternelle adolescence de Jane Birkin et la bohème chic de Vanessa Paradis. Elle aime aussi l’humour de la chanteuse Olivia Ruiz, dont la voix moelleuse raconte des histoires de filles qui adorent le chocolat. Interdiction de se prendre au sérieux…

Tout a commencé par un voyage de l’autre cote de la méditerranée. En 2002, la styliste Frédérique trou-roy venait de quitter Morgan ou elle dirigeait le bureau de style accessoires. Elle décide d’aller faire un tour du cote du Maroc. A Marrakech, elle écume les souks avec bonheur, pousse la porte des petits ateliers de rue, chine des foulards anciens, et en fait des cabas divins aux poignets de cuir soulignés de ferronnerie martelée, dans le plus pur style marocain. Elle fait aussi rebroder des paillettes sur ces grands paniers d’osier, semblables a des couffins, dont les femmes se servent pour aller au marché., qu’elle baptise sharihane. Elle ajoute pampilles et bouts de dentelle sur des besaces de toile… le sac Sahara, fil rouge des collections Manoush, est né ! Frédérique s’amuse. et ça marche. Six mois plus tard, elle s’inscrit au salon première classe, la référence en matière d’accessoires, et vend absolument tout ce qu’elle a rapporte de son voyage. des la deuxième saison, elle fait faire au Brésil une mini-robe d’esprit lingerie joliment baptisée chou. Cette pièce deviendra aussi un indispensable de la garde-robe Manoush, reconduite toutes les saisons. La première collection de prêt-à-porter sera celle de l’hiver 2004/2005. Le succès est immédiat. La marque est désormais référencée dans de prestigieux points de vente a travers le monde (loomingdales à New York, Kitson à Los Angeles ou Harrod’s à Londres ) l’histoire est en route et les manoush decident de poser leur valises dans deux boutiques a paris, l’une rue du jour aux halles et l’autre rue vieille du temple dans le marais. Couleurs sucrées, tentures chatoyantes et étagères de verre incrustées de dentelle, il règne dans ces deux lieux une ambiance de roulotte très stylisée.

Peau transparente, cheveux de jais, regard intense, voix douce et manières gracieuses, Frédérique trou-roy, 36 ans, l’âme créative de Manoush est une véritable incarnation de la marque. Elle a toujours pratiqué le style bohème avec un art consomme du mélange. Elle sort rarement sans un panier sous le bras, rempli de carnets a la couverture rose bonbon, de gadgets ” piqués ” aux petites filles et de gri-gri en tous genres. Même si elle est, ce jour-la, juchée sur des talons vertigineux et qu’elle porte une tunique rebrodée de sequins qui pourrait quasiment être un costume de scène, il lui suffit d’un jean pour rendre le tout totalement urbain. Elle a aussi un vrai gout pour le vintage et adore écumer les boutiques de fripes. De son enfance, elle garde aussi le gout du ” fait main “, de l’artisanat, des choses bricolées mais empreintes d’une sincérité et d’une naïveté très poétiques.

Son style, c’est aussi un style de vie. Née dans une famille assez boheme, elle a un papa voyageur qui part tous les ans barouder en afrique. Il l’emmene avec lui alors qu’elle n’a que 12 ans. Les souvenirs de cette plage du detroit de gibraltar ou ils font une escale sont gravés dans sa memoire. Une tribu de manouches est là, ils les invitent a partager du poisson grillé autour d’un immense feu. Les chants et les danses durent toute la nuit. Elle voyage beaucoup en afrique notamment. Elle songe un temps à ouvrir un hotel ” les pieds dans l’eau “ au Senegal. Mais l’aventure Manoush l’emporte et aujourd’hui, c’est une multitude d’idées qu’elle ramène de ses périples et que l’on découvre dans ses collections au fil des saisons. Elle garde une tendresse pour l’Afrique, du nord au sud, et une véritable fascination pour la culture marocaine. Rien ne la fait plus rêver que les films de tony gatlif qui s’attache a suivre au plus près l’univers des manouches. C’est le temps des gitans…


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